Anthony Scaramucci : Le rebond du Bitcoin en octobre est-il porté par les cycles de marché ou par le sentiment des investisseurs ?
En avril 2026, après avoir atteint des sommets historiques, le marché des cryptomonnaies est entré dans une phase prolongée de stagnation. Selon les données du marché Gate, au 27 avril, le Bitcoin affichait un cours de 77 603,4 $, pour une capitalisation totale d’environ 1,49 billion de dollars (1 490 000 000 000 $). Cela représente une baisse d’environ 38 % par rapport à son record absolu de 126 080 $ atteint en 2025. Dans ce contexte de bras de fer entre acheteurs et vendeurs, Anthony Scaramucci, fondateur de SkyBridge Capital, a fixé un nouveau repère temporel : la véritable reprise du Bitcoin pourrait ne pas intervenir avant octobre 2026. Selon lui, le « point médian du halving » est désormais dépassé et le cycle serait entré dans sa seconde moitié. Cette affirmation a rapidement suscité le débat : s’agit-il d’une analyse objective des cycles ou simplement de l’optimisme persistant des partisans de long terme ?
Points clés de la thèse de reprise en octobre selon Scaramucci
Lors de récentes interventions publiques, Scaramucci a exposé trois jugements successifs. Premièrement, avec le halving d’avril 2024, avril 2026 marque le point médian exact entre deux halvings, faisant officiellement entrer Bitcoin dans la seconde moitié de son cycle. Deuxièmement, malgré l’accélération relative du calendrier due à l’évolution des politiques tarifaires et aux tensions géopolitiques persistantes, le cours du Bitcoin a fait preuve d’une « remarquable résistance » sur cette période, évitant une chute brutale. Troisièmement, il estime que la fenêtre d’une reprise de tendance significative — portée par la convergence du sentiment de marché et des conditions de liquidité — s’ouvrira entre octobre et novembre.
Cette approche privilégie un cadre temporel plutôt que des objectifs de cours à court terme, s’inscrivant davantage dans une logique d’évolution structurelle. Elle offre ainsi une base pour des analyses rétrospectives et des discussions argumentées.
Positionnement post-halving : retour historique et décomposition des phases
Situer le moment présent au sein des quatre cycles de halving du Bitcoin permet d’évaluer si une « reprise en seconde partie » constitue un phénomène récurrent. Le tableau ci-dessous présente des données de marché représentatives de chaque phase, sans correspondre à des cotations en temps réel.
| Événement de halving | Date du halving | Date & niveau du sommet historique | Zone de repli bas | Mois de reprise de tendance suivant |
|---|---|---|---|---|
| Premier halving | Nov. 2012 | Nov. 2013 ~ 1 150 $ | Janv. 2015 ~ 150 $ | Oct. 2015 |
| Deuxième halving | Juil. 2016 | Déc. 2017 ~ 19 600 $ | Déc. 2018 ~ 3 200 $ | Avr. 2019 |
| Troisième halving | Mai 2020 | Nov. 2021 ~ 69 000 $ | Nov. 2022 ~ 15 500 $ | Janv. 2023 |
| Quatrième halving | Avr. 2024 | Sommet 2025 : 126 080 $ | Actuel : 77 603,4 $ (avr. 2026) | À déterminer (prévision Scaramucci : oct. 2026) |
Un schéma historique clair se dégage : lors des trois précédents halvings, après des sommets haussiers suivis de corrections marquées, le marché a systématiquement connu une reprise durable. Ces reprises débutaient généralement entre 18 et 30 mois avant le halving suivant. Or, octobre 2026 se situe environ 30 mois après le halving d’avril 2024 et à près de 18 mois du prochain. Si la dynamique passée se répète, cette période correspond effectivement à la fenêtre historique où les récits de reprise émergent.
Néanmoins, il s’agit d’une tendance, non d’une certitude. Chaque cycle présente un contexte macroéconomique, une structure de capitaux et un environnement réglementaire distincts. Se fier uniquement aux intervalles temporels passés comme outils prédictifs expose à une vision trop simplifiée.
Croyance ou science des cycles : analyse des visions haussière et baissière
Le débat autour de la « reprise d’octobre » oppose principalement deux camps.
Les partisans privilégient une lecture fondée sur la science des cycles :
- Effets différés de la réduction de l’offre. L’impact du halving sur la création de nouveaux bitcoins met généralement 12 à 18 mois à se répercuter sur les prix, via l’épuisement progressif des stocks. Les effets du halving d’avril 2024 pourraient s’être partiellement matérialisés en 2025, mais l’effet cumulatif d’une nouvelle demande nécessite encore du temps pour s’exprimer.
- Anticipation d’un point d’inflexion de la liquidité mondiale. Certains traders macro anticipent un retour des grandes banques centrales vers des politiques accommodantes au second semestre 2026, ouvrant une fenêtre de revalorisation pour les actifs risqués.
- Dépendance historique au cycle. Comme l’illustre le tableau ci-dessus, la corrélation entre les creux post-correction et le cycle des halvings est statistiquement significative, offrant au moins un repère temporel.
Les sceptiques mettent en avant les angles morts d’une approche guidée par la croyance :
- Ce cycle pourrait avoir atteint son sommet plus tôt. Avec un Bitcoin à 126 080 $ en 2025 — reflétant l’ampleur et la durée du rallye 2020–2021 — si ce niveau marque la fin du marché haussier, 2026 pourrait ressembler aux années de consolidation de 2018 ou 2022, plutôt qu’à une phase pré-reprise.
- Des vents contraires macroéconomiques persistent. Les politiques commerciales et les tensions géopolitiques pourraient freiner l’appétit pour le risque, et l’hypothèse d’une liquidité plus abondante reste incertaine.
- La structure du marché a évolué. La profondeur croissante des produits dérivés et la montée en puissance des institutionnels rendent les cycles, autrefois dictés par les particuliers, moins prévisibles ; les mouvements de prix pourraient ne plus suivre le rythme quadriennal traditionnel.
Impact sectoriel : comment les récits de reprise influencent le sentiment de marché
En période de repli, un récit temporel structurant peut orienter à lui seul les flux de capitaux et le sentiment. Si la thèse d’une « reprise en octobre » venait à s’imposer, elle pourrait progressivement influencer la pente des options, les taux de financement des contrats perpétuels et le comportement d’accumulation des détenteurs long terme on-chain. Historiquement, début 2019, le marché avait anticipé le halving, déclenchant un mini marché haussier durant plusieurs mois. Si la fenêtre d’octobre commence à être intégrée dès maintenant, le marché pourrait ne pas attendre de signal définitif pour réagir.
Cependant, l’anticipation des attentes conduit souvent à des hausses suivies de corrections lors de la confrontation avec la réalité. Ainsi, même si le calendrier de Scaramucci s’avère juste, le cheminement effectif pourrait rester très volatil.
Plusieurs scénarios : que se passera-t-il à l’arrivée d’octobre 2026 ?
À partir des données actuelles, trois scénarios principaux se dessinent :
- Scénario 1 : reprise au rendez-vous. Le contexte macroéconomique s’assouplit, les anticipations de liquidité se confirment et le Bitcoin valide un creux cyclique autour d’octobre, entraînant une reprise avec une participation élargie du marché. Les capitaux commencent à refluer des stablecoins vers les actifs risqués.
- Scénario 2 : reprise différée. La fenêtre de reprise se décale vers début 2027. Le calendrier de Scaramucci s’avère prématuré, mais la logique cyclique demeure, et les tendances historiques offrent un nouveau repère.
- Scénario 3 : rupture de scénario. Un resserrement monétaire inattendu ou un événement exogène (« cygne noir ») remet les compteurs à zéro. Octobre ne devient pas un point d’inflexion, mais déclenche une nouvelle vague de désendettement. Le marché doit alors admettre que les anciens modèles cycliques nécessitent d’être repensés.
La probabilité de chaque scénario dépendra des données macroéconomiques, des signaux de politique monétaire et de l’évolution structurelle on-chain dans les prochains mois. Pour les acteurs du marché, reconnaître « nous n’en savons rien » est souvent plus sage qu’affirmer « cela doit arriver ».
Conclusion
La thèse de reprise en octobre défendue par Scaramucci articule habilement la logique temporelle du cycle de halving et le sentiment de marché actuel. Elle s’appuie sur la confiance dans les relations statistiques historiques, tout en reflétant inévitablement la perspective d’un promoteur de long terme. La science des cycles offre un cadre testable, là où la croyance comble les incertitudes. Lorsque viendra octobre, le marché rendra son verdict. D’ici là, suivre les données comptera bien plus que débattre des étiquettes.
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